Macron et la peur des Français

Marine Le Pen reçue par le Premier Ministre

📹 Reçus aujourd'hui avec Louis Aliot et Steeve Briois par le Premier ministre, nous lui avons demandé de mettre fin à la stratégie de la confrontation choisie par Emmanuel Macron depuis trois semaines, et d'annoncer aux Français des réponses importantes, audibles et immédiates !

Geplaatst door Marine Le Pen op Maandag 3 december 2018

Il y a déjà plus d’un an que je bourlinguais des semaines durant à travers la France, à la recherche d’un bon endroit pour… bref, n’importe. Pour me délasser au cours de ce voyage je m’arrêtais de temps en temps à un bar-tabac quelconque pour écouter les discussions inévitables sur les élections imminentes. Souvent les discussions étaient très animées, mais sur un point précis on s’accordait unanimement : inadmissible de continuer ainsi ! Le système tout entier était vermoulu – il fallait changer de cap, et vite. Les gens qui épanchaient leurs opinions dans ces bars appartenaient généralement à ce qu’on désigne habituellement par la France profonde, les gens du peuple.

Dans la région de Rodez, en Aveyron, les agriculteurs donnaient libre cours à leur hargne envers cette même caste politique accrochée au pouvoir depuis vingt ans déjà. ‘Dans dix ans on ne trouvera plus de paysans en France’, grommelaient-ils. On s’écria ‘A bas cette Union européenne’… Dans les petits patelins idylliques j’écoutais aussi la voix de citadins immigrés inquiets. Malgré leurs airs plutôt chichi-bobo, eux aussi se sentaient désemparés lorsque je sondais leurs avis et leurs craintes. Les gouttes de sueur leur perlaient sur le front lorsque le sujet de la politique fut entamé. ‘Oui, la politique avait échoué tout-à-fait. C’est dégueulasse.’ Notre tradition de gauche progressiste souffre de quelque chose foncièrement néfaste. Mais que reste-t-il comme alternative, se demandaient-ils, rongés par le désespoir… Le nom de Marine Le Pen ne suscita que mépris condescendant.

Sur les écrans-télé la campagne battait déjà son plein. Le candidat ‘centre-droite’ y apparaissait quasi en permanence. Il s’appelait Fillon. Il était dans le collimateur et on nous rebattait les oreilles de tous ses scandales. Dans les bar-tabacs, les restos, les hôtels et jusque dans les demeures villageoises authentiques on nous gavait des bévues accumulées par Fillon. Et malgré tout cela, il était à la une, des semaines durant, jusqu’à ce qu’il n’avait plus que les sourcils dépassant du bourbier puant dans lequel il s’enfonçait irrémédiablement.

Finalement il disparut tout à fait. Un silence écrasant s’empara du pays. Les élites avaient perdu leur candidat ! Il ne restait plus que Mélenchon et Marine Le Pen !… Et eux deux promettaient avec conviction exactement ce à quoi les Français aspiraient si fort : faire table rase ; en finir avec ces clans magouilleurs arrivés au pouvoir par le copinage ; rétablir la solidarité entre les gens ; brider enfin le pouvoir des banques.

On désignait Mélenchon comme le candidat de l’extrême-gauche. En chef-comptable consciencieux il s’était dépensé en gros calculs en vue de s’attaquer à la toute-puissance des banques, prendre la défense des nationalisations et promettre aux travailleurs une meilleure vie.

La toute blonde Marine Le Pen, elle, était la candidate de l’extrême-droite. Elle posa les jalons encore plus loin en faisant le bras d’honneur à l’Union européenne ; elle voulait même claquer la porte à l’OTAN et œuvrer pour la paix au lieu de fomenter la guerre ; elle promettait aux agriculteurs et aux Français exaspérés de leur rendre leur pays ; elle promettait d’endiguer l’immigration.

Extrêmement rares furent les occasions où l’on pouvait voir à l’écran un discours complet et cohérent de Le Pen ou de Mélenchon. Chaque fois on servait au public des petits fragments bien cadrés et accompagnés de commentaires péjoratifs ou cyniques, remâchés à outrance. Les médias s’évertuaient à entourer Marine Le Pen d’une odeur de soufre en la rapprochant en quelque sorte d’Adolf Hitler.

Petit à petit on pouvait se rendre à l’évidence que ces politiciens avaient en réalité le feu sacré, qu’ils étaient profondément humains et absolument pas extrémistes. Bien au contraire, leur discours me paraissait très raisonnable et en accord avec les attentes du grand public.

C’est d’ailleurs le cas dans toute l’Europe : la seule force extrémiste présente sur l’échiquier politique est le néo-libéralisme totalitaire et son capitalisme destructif, sauvage et débridé. Soit.

Je me rendais compte qu’en tout état de cause la situation qui se présentait, était unique. Un rendez-vous avec l’Histoire donné à la France et donc à l’Europe. Il ne tenait qu’au peuple d’exercer ses droits de vote pour faire disparaître pendant de longues années dans les coulisses, le système maudit et oppressif contre lequel ils râlaient si fort. Un nouveau monde poignait déjà à l’horizon. Les Français comblés de bonheur et de reconnaissance auraient pu serrer leurs enfants contre la poitrine et se dire : on a réussi, de nouveau ! C’est nous encore, nous les Français, qui ont su renverser la vapeur et apporter à l’Europe les lumières de la liberté, de la fraternité et de l’égalité. Avec la joie au cœur et enivré d’espérances je repris la route à travers ce beau pays.

Il faut dire qu’entre temps on avait déniché un remplaçant pour Fillon : un certain Macron. Il s’avéra très vite que ce Macron représentait exactement toutes les valeurs dont le peuple entendait se débarrasser : le globalisme, le FMI, l’Union européenne, les riches et enfin et surtout, les banques où il avait fait carrière de manageur sans scrupules. Le peuple le refoulerait ! Jamais la donne fut si claire, si limpide. Et les élections se rapprochaient à toute vitesse…

Je m’en retournai en Belgique où j’attendais impatiemment la suite du scrutin historique. Effectivement historique, c’est le cas de le dire ! Macron l’emporta de loin.

Voici donc mon point de vue : c’est en France que j’ai vu qui sont précisément ces ‘gens angoissés’. Pas ceux qui sacrifieraient leur petit confort personnel pour pouvoir construire un monde meilleur et le léguer à leurs enfants. Car, à entendre Marine Le Pen ou Mélenchon, on aurait juré que le branle-bas de la révolution fût donné. Et une révolution exige des sacrifices et apporte beaucoup d’incertitudes. Et pour cette raison, la majorité des Français s’est quand même dégonflée au tout dernier moment. Ce jour du mois de mai 2017 ils étaient à genoux, comme des lâches.

Il suffisait de bien regarder Macron, ricanant alors même qu’il prenait le bain de foule en serrant à gauche et à droite les mains du petit peuple retenu derrière les grilles aux Champs Elysées : trop tard les tocards ! Vous avez eu votre chance.

Et peut-être bien pour un bon petit bout de temps…

Et cela, on le doit à tous ces gens qui étaient soi-disant trop progressistes, trop politiquement corrects pour amener Le Pen ou Mélenchon au pouvoir. Trop à cheval sur des principes qui leur empêchaient de voter ‘extrême-gauche’ ou ‘extrême-droite’.

Soyons sérieux. Comment pensent-ils expliquer plus tard, quand leurs enfants auront grandi, ce qui s’est réellement passé ce jour historique du mois de mai de l’année passée, quand la démocratie fut enterrée en terre de France ?…

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